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La pluriactivité au risque de la précarité : une étude menée en Languedoc-Roussillon

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Exposé d’Hélène Tallon lors de la présentation de l’ORDA-LR à Montpellier, 13 juin 2013

Une première étape de ce travail réalisé par le cadre du projet Intersama a fait l’objet de la communication scientifique suivante :

Fiorelli C., Tallon H., Dufour A., Moity-Maïzi P., Massein G., Pigache M. & Cadier C., 2012. La pluriactivité au risque de la précarité : singularités des rapports au travail et à l’emploi dans les activités rurales. Une étude menée en Languedoc-Roussillon. in Programme PSDR (Ed.), Symposium final du programme "Pour et Sur le Développement Régional" (PSDR) "Les chemins du développement territorial". Clermont-Ferrand (France), 19-21 juin 2012, 26 p.

Résumé

Dans un contexte de crise économique et sociale, les situations de pluriactivité constituent une option de plus en plus souvent envisagée par des actifs de zones rurales pour travailler. Les politiques de soutien à la création d’acivités sont hésitantes vis-à-vis de ces formes de travail qualifiées d’atypiques, au regard de l’emploi salarié à temps plein et à durée déterminée, et parfois jugées de précaires. L’objectif de la communication est de montrer en quoi la pluriactivité peut être source d’intégration professionnelle ou au contraire de précarité.

Pour analyser les relations entre pluriactivité et précarité, nous avons mis en perspective une étude des points de vue d’acteurs travaillant dans 30 organisations d’appui à la création d’activité, et une étude des points de vue de 23 pluriactifs sur leur situation professionnelle. La précarité du travail est analysée sous 2 angles : la sécurité matérielle et les satisfactions apportées par les activités. Les études ont été menées en Languedoc–Roussillon, région marquée par son attractivité, sa pauvreté mais aussi l’importance de la création d’activité, de la pluriactivité et du chômage.

Nos travaux montrent que les liens entre pluriactivité et précarité ne sont pas systématiques ni du point de vue des organisations en appui à la création d’activité, ni du point de vue des pluriactifs eux-mêmes.

Les organisations considèrent la pluriactivité soit comme source de précarité, soit comme un moyen de lutter contre la précarité du travail. Leur argumentation n’est fondée que sur les aspects liés à la sécurité matérielle conférée ou non par les activités : revenu, protection sociale, projection dans l’avenir. Aucune ne fait référence aux satisfactions éprouvées dans le travail. Les organisations considérant la pluriactivité comme un moyen de lutter contre la précarité ont une approche contextualisée de la pluriactivité dans des territoires ruraux éloignés des pôles urbains où l’emploi salarié est rare, et dans des filières où les revenus sont faibles ou incertains.

Les pluriactifs évaluent leur situation professionnelle selon les deux dimensions de la sécurité matérielle et des satisfactions éprouvées dans le travail. Les activités combinées ne contribuent pas de manière équivalente ou simultanée à ces deux dimensions, chacune d’elle pèse plus ou moins dans le choix de leurs activités.

Cette recherche permet de proposer de nouveaux repères pour orienter l’accompagnement des pluriactifs, afin d’aider les pluriactifs à trouver les compromis les plus satisfaisants pour eux-mêmes. Elle contribue à une réflexion non normative sur le travail et sur la question de la précarité en lien avec les formes de reconnaissance et les valeurs portées par le travail.